La mesure Impuls de la Fondation Mode d’emploi accompagne des personnes issues de la migration, possédant des qualifications supérieures acquises dans leur pays d’origine, dans la construction d’un projet de réinsertion professionnelle réaliste et durable en Suisse, grâce à un travail d’équipe pluridisciplinaire. Cette mesure a pour objectif de valoriser les compétences acquises à l’étranger en facilitant l’accès à l’emploi ou à la formation, tout en tenant compte des exigences du marché du travail suisse.
Le 29 juin dernier, un ancien participant Impuls est venu témoigner des différentes étapes réalisées au sein de la mesure (cours de français, expérience en stage, choix du projet) et également partager son expérience d’étudiant au sein de son cursus de formation en HES.
Originaire de Turquie et âgé de 40 ans, il est arrivé en Suisse il y a maintenant plus de 3 ans. Enseignant de littérature et professeur de théâtre auprès d’adolescents dans son parcours antérieur, il a été confronté à plusieurs barrières dans la poursuite de ce projet en Suisse, notamment des exigences linguistiques élevées en français (C2). Renoncer à ce projet, du moins peut-être temporairement, a été une épreuve : « J’ai dû repartir de zéro » et « Je n’étais rien », tels furent ses mots durant cette journée d’échange entre pairs pour exprimer son ressenti dans ce moment de deuil d’identité professionnelle.
Grâce aux cours de français suivis quotidiennement durant la mesure, il a pu travailler sur un levier déterminant pour sa nouvelle orientation professionnelle et atteindre un niveau B2 en français. A l’aide également d’entretiens de conseils individuels hebdomadaires, un nouveau projet professionnel a été identifié grâce à différentes compétences transversales identifiées : réaliser une formation en tant que travailleur social à l’HETSL et utiliser la culture/le théâtre comme outils d’intervention sociale. Cette orientation a pu être confirmée grâce à la prospection d’un stage de longue durée en EMS par notre spécialiste en placement, au sein duquel il a pu mettre en place avec succès un atelier de théâtre auprès de résidents.
L’identification de compétences transversales est déterminante dans cette mesure afin de pouvoir accompagner un public dont malheureusement les compétences antérieures ne peuvent souvent pas être valorisées sur le marché du travail en raison de la barrière de la langue. Comme le résume parfaitement cet ancien bénéficiaire d’Impuls, notre accompagnement consiste à « cibler un nouveau projet professionnel sans effacer le passé ».
Après avoir validé cette orientation professionnelle, d’autres difficultés se sont présentées dans son parcours de formation. Même s’il possédait déjà un bagage académique, acquis dans son parcours antérieur, réaliser une formation tertiaire dans une langue non maternelle « était un handicap ». A cela s’ajoute également, une organisation quotidienne de révision à combiner avec sa femme et ses trois jeunes enfants ; la dernière de la fratrie ayant 9 mois. Grâce à sa persévérance, sa proactivité, sa flexibilité et sa résilience, il a su surmonter ses défis et achever sa première année de Bachelor.
Nous le félicitons pour son parcours et lui souhaitons un bon été avant la reprise des cours de deuxième année en septembre !