Chaque année, de nombreuses entreprises du canton de Vaud ouvrent leurs portes aux bénéficiaires de la Fondation Mode d’emploi pour qu’ils/elles puissent démontrer leur motivation et leur envie de s’insérer sur le marché de l’emploi.

Par le biais d’une interview, nous avons souhaité mettre en lumière l’une d’entre elles, avec qui nous collaborons depuis de nombreuses années dans le cadre de l’organisation de stages.

L’entreprise Griftextil, l’un de nos plus fidèles partenaires, nous a alors reçus par l’intermédiaire de M. Philippe Storrer, lui-même ancien bénéficiaire de la Fondation Mode d’emploi, pour un entretien unique, chaleureux et riche d’enseignements.

 

 

Les activités de Griftextil et les responsabilités de M. Storrer

Pouvez-vous présenter votre entreprise et vos activités principales ?

Notre entreprise est l’importateur et le distributeur, pour la Suisse, des produits d’un groupe français qui se nomme Fremaux Delorme, fabricant de linge de lit et de linge de maison.

Dans quels pays sont fabriqués vos produits ?

Les produits sont fabriqués en Turquie, aux Émirats arabes unis, au Portugal, au Pakistan et en France. Nous avons également des articles qui viennent d’Ukraine. Nos boutiques se situent à Verbier, Crans-Montana, Saint-Moritz, Lausanne et à l’Île Maurice. Et nous venons tout juste d’ouvrir une boutique à Ascona. La maison mère est en France, dans le département du Nord, non loin de Lille.

Pourriez-vous présenter brièvement votre fonction et votre rôle dans l’entreprise ?

Je m’appelle Philippe Storrer et je suis assistant de direction. Avec mon équipe, nous nous occupons de tout ce qui est administratif et des RH (sauf les recrutements) de l’entreprise. Il y a 2,1 EPT qui travaillent ici à Ecublens. Et parfois, je donne également un coup de main à la logistique si besoin.

Depuis combien de temps travaillez-vous ici ?

Je suis en poste ici depuis le mois de mars 2018.

Quel est votre parcours professionnel ?

J’ai commencé par un apprentissage de cuisinier à Lausanne. Par la suite, j’ai suivi l’École hôtelière de Lausanne. J’ai ensuite travaillé dans différents hôtels à Genève et à Lausanne avant d’intégrer le CHUV dans le cadre d’un projet mis en place avec le Service de l’emploi. Puis, j’ai travaillé dans plusieurs secteurs, comme l’hôtellerie, l’horlogerie, le médical, puis finalement le textile. J’ai eu un parcours très diversifié.

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur ce parcours ?

Je trouve cela intéressant. D’une certaine manière, j’ai commencé ma carrière comme mon grand-père maternel et je suis en train de la terminer comme mon grand-père paternel, qui était comptable.

 

 

Les défis du métier d’assistant de direction

Quelle est la principale difficulté de votre fonction ?

Les aspects juridiques. Lorsque je suis arrivé, je ne connaissais ni les ressources humaines, ni la gestion des baux commerciaux. J’ai donc énormément appris sur le terrain et je continue d’apprendre chaque jour.

Quelle est votre plus grande satisfaction au quotidien ?

Que la journée se soit bien passée, que les problèmes aient été résolus et que l’activité se déroule correctement.

Êtes-vous impliqué dans des projets d’entreprise ?

Peu directement. Mon implication concerne principalement le volet administratif des projets. Par exemple, lors de l’ouverture récente de la boutique d’Ascona, j’ai participé à la préparation administrative et aux contrats de travail.

 

Accueil de stagiaires et insertion professionnelle

Depuis combien de temps accueillez-vous des stagiaires ?

Depuis mon arrivée dans l’entreprise, en 2018.

Qu’est-ce qui motive votre engagement en faveur de l’insertion professionnelle ?

La transmission. J’ai moi-même bénéficié de bons maîtres d’apprentissage et cela a été déterminant dans mon parcours. J’estime important de transmettre à mon tour ce que j’ai appris.

Est-ce aussi une source d’apprentissage pour vous ?

Oui, tout à fait. On apprend également beaucoup auprès des stagiaires.

 

Le rôle des entreprises dans l’insertion

Quel rôle les entreprises peuvent-elles jouer dans l’insertion professionnelle ?

Un rôle essentiel. Le stage permet :

  • De découvrir un métier,
  • De vérifier une orientation professionnelle,
  • De reprendre confiance,
  • D’envisager une embauche éventuelle.

Personnellement, c’est grâce à un stage que j’ai moi-même obtenu certaines opportunités professionnelles, comme mon stage obtenu ici grâce à la Fondation Mode d’emploi.

Avez-vous déjà envisagé de former des apprentis ?

Non, principalement parce que nous n’avons pas un volume de travail suffisant pour proposer un apprentissage complet. De plus, je ne suis actuellement pas titulaire du certificat de formateur.

 

« Les stagiaires apportent leur propre expérience, leur regard neuf et parfois de nouvelles compétences, notamment technologiques »

 

Quelles compétences sont importantes chez un stagiaire ?

Pour les jeunes en découverte professionnelle, les qualités humaines suivantes sont essentielles :

  • Motivation
  • Curiosité
  • Attitude positive

Pour les personnes plus avancées dans leur parcours :

  • L’autonomie
  • La capacité de réflexion
  • Les compétences déjà acquises

Que peuvent apporter les stagiaires à l’entreprise ?

Les stagiaires apportent leur propre expérience, leur regard neuf et parfois de nouvelles compétences, notamment technologiques.

J’ai plusieurs fois appris des astuces informatiques grâce à des stagiaires.

Un stagiaire vous a-t-il particulièrement marqué ?

Oui, plusieurs. Je pense notamment à un jeune dont le parcours de vie était extrêmement difficile. Malgré cela, il avait une forte volonté de réussir. Il a finalement trouvé une place d’apprentissage et a pu avancer dans sa vie. C’est très satisfaisant de voir ce genre d’évolution.

Recevez-vous des nouvelles des anciens stagiaires ?

Pas assez souvent à mon goût. Quand j’apprends qu’un ancien stagiaire a réussi sa formation ou trouvé un emploi, cela me fait toujours très plaisir.

 

Les défis rencontrés par les jeunes

Quels sont les principaux obstacles auxquels les jeunes sont confrontés ?

Chaque situation est différente.

Certains ont des difficultés avec :

  • L’informatique
  • L’organisation
  • La confiance en eux

J’essaie alors de les accompagner et de leur transmettre des méthodes ou des astuces pratiques.

Les jeunes vous apportent-ils également quelque chose ?

Oui, notamment dans le domaine technologique. L’échange est souvent mutuellement enrichissant.

 

 

Les métiers d’employé de commerce et de la logistique

Quelles compétences sont nécessaires pour travailler en tant qu’employé de commerce ?

  • Maîtrise des outils informatiques
  • Polyvalence
  • Capacité d’adaptation

Le métier offre ensuite de nombreuses spécialisations :

  • Comptabilité
  • Ressources humaines
  • Administration
  • Gestion commerciale

Et pour la logistique ?

  • Bonne condition physique
  • Organisation
  • Mémoire
  • Rigueur

Même si les marchandises ne sont pas très lourdes individuellement, la répétition des tâches demande de l’endurance.

Quels changements observez-vous entre l’arrivée et le départ des stagiaires ?

Beaucoup découvrent un métier qu’ils ne connaissaient pas, une nouvelle branche professionnelle et une meilleure connaissance d’eux-mêmes. J’essaie aussi de partager mon expérience professionnelle afin d’ouvrir leur horizon et de leur montrer qu’il existe plusieurs chemins possibles.

 

« Parfois, il suffit de donner une opportunité ou de faire découvrir un horizon nouveau pour changer une trajectoire »

 

Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui commence un stage ?

Avoir confiance en soi. Ne pas se décourager face aux difficultés. Il est normal de se tromper ou de changer de voie. L’important est d’avancer et de persévérer.

Que diriez-vous à un employeur qui hésite à accueillir un stagiaire ?

Je lui dirais que c’est une expérience enrichissante. On aide quelqu’un, on transmet un savoir, et parfois on découvre un talent que l’on n’aurait jamais rencontré autrement. Chaque professionnel a bénéficié un jour de l’aide et de la transmission de quelqu’un d’autre.

Accueillir des personnes en difficulté a-t-il changé votre regard sur elles ?

Non, car je n’ai jamais eu de préjugés. J’ai moi-même rencontré des difficultés dans ma vie, y compris sur le plan professionnel. Quelqu’un m’a donné ma chance à un moment donné ; il est donc naturel pour moi d’en offrir également aux autres.

Quelle est votre plus grande fierté dans cet engagement ?

Savoir que cela a fonctionné. Même lorsque je n’ai pas toujours de nouvelles des personnes accompagnées, je sais que j’ai pu contribuer à leur parcours et leur montrer une voie possible. Parfois, il suffit de donner une opportunité ou de faire découvrir un horizon nouveau pour changer une trajectoire.

 

 

La Fondation Mode d’emploi remercie l’entreprise Griftextil de nous avoir ouvert ses portes pour ce bel échange. C’est grâce à ce type de partenariat que nous pouvons offrir des perspectives d’avenir à des individus momentanément en difficulté sur le marché de l’emploi.

Un grand merci donc à tous les partenaires de la Fondation Mode d’emploi qui oeuvrent ensemble pour que le monde du travail soit celui de chacun !